Le GaliCR de la diag de GaliLaurie

La lecture du soir?… lé la le CR de la galinette Laurie, revenue de la Réunion!! Une fin de saison bien remplie avec l’enchaînement UTMB-GRAND RAID, elle nous raconte sa gali-aventure, partagée avec Maud Gobert.

« Jeudi 19 octobre 2017, il est bientôt 22h, je suis sur la ligne de départ de la diagonale des fous, en compagnie de Damien, Irina et Stephan, entourée de plus de 2500 participants… une pensée me traverse l’esprit, elle me fait sourire : « mais c’est complètement fou d’être ici, comme parachutée au milieu de cette foule… 6 semaines après l’UTMB, tout c’est enchaîné si vite. Une seule idée en tête, profiter de ce que je vais vivre. Ce sera difficile mais qu’importe c’est mon défi, enchaîner l’UTMB et la DIAG »

Je sais, déjà depuis plusieurs jours, que ce que je m’apprête à faire sera compliqué. Je suis encore sur la fatigue générale de mon UTMB (et oui je ne suis pas Andrea Huser, l’enchaînement d’ultra ne s’improvise pas pour tout le monde ;-) ), et mon arrivée à la Réunion, la veille de la course, n’aide pas ma petite forme générale… Samuel Bonaudo m’a donné quelques conseils pour gérer ces quelques semaines entre ces 2 plus gros ultra au monde.
Ce défi n’était pas du tout planifié. En effet, j’avais un dossard sous le coude, proposé par l’organisation, que je ne pensais pas vraiment utiliser… mais une dizaine de jours après l’UTMB, mon chéri me dit « Pourquoi tu n’irais pas à la Réunion? Tu récupères bien et tu fonces!! » Le genre de chose que l’on ne dit pas 2 fois à une débile de galinette ;-) Et me voici partie :-)

Evidemment je dois négocier des jours à mes chefs d’établissement, qui me laisseront « manquer » 2 jours de cours, pour les rattraper à mon retour :-)
Je saute dans l’avion mardi soir, en compagnie d’Amandine et Mathieu. Mercredi, nous arrivons sur Saint-Denis, le temps de récupérer une voiture, de traverser l’île et de rejoindre Damien, je récupère mon dossard vers 10-11h, le départ de la course est le lendemain à 22h… on est large ;-) Au passage on croise Sandra Cochini, pour un moment de « déconne », c’est top!

L’après-midi est consacré aux préparatifs du sac, le lendemain sera consacré à l’engrangement de sommeil (je suis tellement en déficit), avant d’aller rejoindre le départ en fin de journée.
Je veux juste terminer cette course… En moins de 40h, je considèrerai mon enchaînement UTMB-DIAG réussi. En plus de quarante, il le sera aussi, mais je me connais, je serai forcément un peu déçue.
Abandonner : sauf fracture ouverte, rien ne m’arrêtera ;-) Je veux juste dire que je suis très déterminée.
Je pars sur un plan de course en 37h30 car sans UTMB dans les pattes, c’est ce que j’aurais visé… et puis ce plan de course c’est surtout pour avoir une idée de ce que je dois prévoir de recharger en eau et en ravito, mais aussi pour les bénévoles de l’association Gaspar l’Effet Peï, qui nous assistent sur ce grand raid. C’est une chance incroyable d’avoir des équipes qui prennent soin de nous sur la moitié des postes de ravitaillement d’une telle course.

Jeudi 20h30, nous sommes dans le sas élite avec Damien et Irina. Comme à mon habitude, je m’amuse à titiller les vrais champions avec ma caméra Garmin VIRB. Il y a un monde fou. Mais nous, nous avons la chance d’être dans ce sas de départ privilégié, plus au large et bien plus tranquille. Un bisou à Sandra et aux collègues de Gréasque pas loin de nous, que c’est déjà bientôt l’heure d’aller se placer sous l’arche de départ.
21h45, nous sommes tous positionnés sur la ligne de départ. L’ambiance monte grâce à Ludo qui chauffe les coureurs et le public. La tension se lit sur les visages, tout le monde plonge son esprit dans l’aventure qui va commencer. Comme je le disais en intro, moi je me sens parachutée au milieu de la foule, je profite de l’instant présent, je me sens juste à ma place!
Et puis c’est le départ, nous nous élançons dans les rues de Saint-Pierre, au rythme des cris et applaudissements du public, c’est énorme. Jusqu’au 15ème kilomètre (Domaine Vidot), moment où nous quittons le bitume, l’ambiance des supporters est folle. Il faillait partir un peu vite afin d’éviter les ralentissements liés à l’entrée dans les champs de cannes à sucre et donc au rétrécissement du chemin.
J’ai, depuis les premières foulées sur le bitume, les jambes hyper lourdes, comme ankylosées. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le trail de Bourbon l’année dernière, où avec Audrey, nous avions pris un départ bien plus rapide que celui-ci et où j’avais la sensation de voler… aujourd’hui, sans surprise, il va falloir faire avec le peu de moyens que j’ai.
Dans les ravines le long des cannes à sucre, je suis complètement collée. Je m’étais tellement préparée à avoir ces sensations là, que je ne suis même pas dégoutée de les avoir… ce sera dur mais j’irai au bout. Je réalise que c’est quand même chaud de se dire ça dès les 20 premiers kilomètres d’une course qui en fait 165 !! Bref, c’est ma folie ;-)

A force de mettre un pied devant l’autre, et malgré quelques minutes de perdues comme quasi tous les coureurs suite à un balisage un peu limite, j’arrive au ravito de Marre à Boue en même temps que le lever du jour. Je suis sur mes temps de passage prévus mais avec des sensations pourries. Le passage au stand Gaspar me fait du bien, je repars sur mon petit rythme.
Je prends enfin un peu de plaisir sur le sentier de Coteau Kervéguen. Il fait jour, il fait beau, les paysages sont magnifiques, le sentier est superbe et bien technique, comme j’aime. Je trouve un peu de mon éclat au rythme de mes taquineries avec les mecs qui me suivent. La descente sur Cilaos peut être très cassante si on s’envoie trop. Je la gère tranquillou, je me fais bien doubler… De toutes façons, si je vais plus vite maintenant, je me tire une balle dans le pied.

Stade de Cilaos, km 65, il est 9h15. Cela fait un peu plus de 11h de course, je prends le temps de me poser au stand Gaspar pour me refaire une santé : nettoyage aux lingettes, changement de tenue pour attaquer la chaleur de la journée, manger un peu de riz et de l’excellent gâteau patates. Phil m’annonce que je suis dans les 20 féminines. Ca me booste énormément. Vue comme je me traine, être dans les 20, c’est énorme! Je suis aussi dans mes temps de passage pour 37h. Tout cela est bien motivant.
J’attaque le col du Taibit, avec toujours des sensations pas géniales mais davantage d’envie. Je me dis alors, qu’en mettant un pied devant l’autre, même si je ne vais pas plus vite, ça fait l’affaire et j’en profite pour passer un appel à Aude, qui, ce soir, prendra le départ du Bourbon. Je suis motivée rien qu’en pensant que je vais attaquer la plus belle partie du parcours, l’entrée dans le magique cirque de Mafate.
Descente sur Marla, passage par ilet à Bourse, Grand Place, via le sentier Scout, un bonheur qui efface toutes les sensations pénibles que j’ai dans mes jambes. Je pourrais rester des heures et des heures dans cet environnement sans m’en lasser. J’ai d’ailleurs prévu d’y retrouver après le grand raid :-)
Après l’îlet de Grand Place, il est 17h25… 19h30 de course, je commence à accuser vraiment le coup. 19h30 que je lutte, que je tire sur la corde. Je déprime un peu dans le raidillon qui suit. Sensations très bizarres : une envie de pleurer mais contradictoirement je me sens chanceuse d’être là, au milieu de ces ilets remplies de vie paisible… et je ne voudrais pas être ailleurs… Et pourtant, ce serait si simple de tout arrêter… mais chose tout aussi folle, je n’ai pas du tout envie de m’arrêter. Je regarde mon téléphone, les messages d’encouragement de mes amis et de ma famille me font carrément verser une larme et me donnent du courage. Un petit coup de tel à mon chéri et à mes parents… non pas pour me plaindre mais juste pour papoter un peu, histoire de m’aider à passer ce cap et de ne pas m’enliser dans une spirale négative… occulter un peu l’effort qui devient carrément pénible. Ca marche puisque j’arrive en haut de la montée sans avoir perdu trop de places.

Descente sur la rivière des galets, il faut ensuite remonter sur l’Ecole de Roche Plate. La nuit ne va pas tarder à tomber, le ciel s’obscurcie, l’ambiance au poste de secours logé au pied de la Rivière semble angoissante, tellement on est encaissés tout en bas de la vallée, des murs de montagne se dressent autour de nous. Les secouristes sont tendus, hyper sérieux et soucieux de l’état des coureurs… On dirait qu’ils essaient de décrypter dans le regard de chacun, qui ils peuvent envoyer dans cette longue montée (qui va se faire dans la nuit noire) et à qui ils doivent conseiller de se poser. D’ailleurs, des coureurs sont emballés en papillote avec leur couverture de survie sur des lits de camps. On se croirait dans un film. Bien évidemment tout cela ne m’effraie pas le moins du monde, au contraire ça fait aventure… et puis j’ai l’impression d’être un peu chez moi dans Mafate ;-) j’essaie d’ailleurs de dérider ces secouristes. L’un d’entre eux me pique un peu en me disant que je vais mettre 2h30 pour arriver à Roche Plate!! Même pas en rêve mon grand… je pars bille en tête en entrainant dans mon sillage une dizaine de coureurs. On mettra 1h30-40 pour cela. Une montée très dure et bien raide avec des marches d’escaliers interminables, où si tu t’endors, c’est mort, dans le sens où cela te parait encore plus interminable. En torchant le truc vite fait bien fait, ça passe pas trop mal ;-)

Roche Plate 20h19 : je tombe, avec stupeur, sur Maud Gobert, que l’on ne présente plus, qui sort d’une sieste. Nous avons un peu plus de 22h de course dans les jambes. Maud a très mal à son genou, c’est son dernier défi avant d’arrêter sa carrière à ce niveau… on en avait parlé au téléphone, quoi qu’il arrive, elle ira au bout. On est sur la même longueur d’onde toutes les 2. Elle me demande de repartir avec elle, mais moi je dois me poser une dizaine de minutes avant, j’en ai besoin. Je lui dis de partir et si ça ne va pas, on se retrouvera un peu plus loin de toutes façons. Je la sais capable de passer outre sa douleur et de retrouver son esprit compet. A ce moment là, je ne pense plus la revoir.
De mon côté, je passe 14 ou 15ème féminine je ne sais plus exactement, punaise un top 15 cette année, ce serait extra!!

La montée du Maïdo se fait au rythme tortue pour moi. Mais avec ma technique du pied devant l’autre sans réfléchir, ça passe ;-) Je commence juste à avoir très envie de dormir. Arrivée en haut du Maïdo, je suis toujours dans mes temps pour terminer la course en 37h30 voire 37… mais je suis fatiguée de demander à mon corps de lutter contre cette fatigue générale depuis tant d’heures de course. Je retrouve Maud, qui n’est plus dans ses temps, elle est sortie du mode compet et a déjà basculé en mode « aventure ». Moi je suis sur le point de le faire… Je me pose faire une sieste de 20min sur les lits de camps dans la tente du ravito, prévue à cet effet… au bout de 3min je vois Maud débouler. On décidera, après ce dodo, de repartir ensemble et de vivre cette aventure grand raid 2017 toutes les 2. Après cette micro-sieste, on est réellement plus en forme, c’est hallucinant. J’en profite pour donner des news à mes parents et à mon galinours, les rassurer en leur disant que j’attaque cette 2nde nuit pas seule. J’en profite aussi pour faire un coucou à ma galinette. Une petite conversation téléphonique à 3, dans la descente sur Sans Souci, en pleine nuit… si si, ça se fait ;-)
On fera toute la descente en marchant, Maud a très mal au genou… 3h30 pour arriver en bas !! On se fait beaucoup doubler. Mais cela nous aura préservées musculairement parlant, on est capable de relancer à bon train sur le plat.

Pause à Sans Souci, je motive Maud pour repartir sans trop trainer. Plus on traine, plus c’est dur. Et ce n’est pas parce qu’on n’est plus dans nos temps de passage, qu’il faut se relâcher complètement, il faut garder de l’influx.
Un peu plus loin, on est de nouveau prises par la fatigue toutes les 2. On s’arrête sur le bas côté du chemin, on repart, puis on se fait une micro-micro-sieste de 10min comme des clochardes, sur les fauteuils de 2 bénévoles en haut d’une montée, juste avant la descente sur chemin Ratineau. J’ai du mal à dormir, tellement ma tendinite au tendon d’Achille me fait mal quand je me refroidis.
Au bout de 10min nous repartons, encore plus endormies… Au ravito de Ratineau, on dort debout, et pour de vrai !!!!!

En bas de la ravine, je dis à Maud que je ne peux pas attendre la base de vie de la Possession pour dormir… place à un moment magique, dont ni elle ni moi n’avions pensé vivre un jour… s’emballer dans une couverture de survie et dormir le long d’un chemin!! Je regrette encore de ne pas avoir eu la force de sortir ma caméra pour immortaliser ce moment! Ce petit somme nous requinque, direction la Possession, il est 8h en ce samedi matin. Nous avalons ensuite le chemin des Anglais à la même vitesse qu’Andréa Huser l’an dernier (à 5min près).

Ravito Grande Chaloupe, 36h de course, il reste 15km avec la grosse montée du Colorado. Et là c’est à mon tour de trainer la patte pour repartir… j’ai très envie de dormir! Je revois cette portion de route goudronnée interminable, où mes yeux se ferment, je n’avais qu’une envie : m’assoir! Marre d’être debout!! De temps en temps, je m’assoie au milieu du chemin et je compte 5s puis me relève. Maud doit désespérer, elle me prend même par la main à un moment donné pour me trainer. Heureusement la 2ème partie de cette longue ascension arrive, cela me réveille. Je cale mes pas dans ceux de Maud et nous arrivons à bon train tout en haut. Place maintenant à la dernière descente, qui est interminable. Je fais ma râleuse, comme je sais si bien le faire… Julien sait de quoi je parle (souvenir d’une fameuse rando dans la vallée de Clarée… descente sur Plampinet avec Perrine…)

Et puis dernière ligne droite dans le stade de la Redoute. Nous franchissons la ligne main dans la main, en moins de 40h. Une 19ème place anecdotique pour toutes les 2 (8ème sénior pour moi), après ce que nous venons de vivre. On peut donc dire que j’ai réussi mon défi ;-) Merci Maud, de m’avoir aidée à le réaliser.
En se soutenant mutuellement, tour à tour, on est arrivées, non seulement au bout, (mais ça on s’était dit qu’on le ferait), mais on a vécu des moments inoubliables qui resteront à jamais gravés en nous. Certes de la difficulté, mais aussi des moments insolites, des moments de complicité et puis des moments de rire et de plaisir. Seules, on l’aurait fait, mais pas dans les mêmes conditions. Quand tu discutes en non stop sur la descente de Sans Souci par exemple, après 110km, ce n’est juste que du bonheur. Et puis l’aventure grand raid est encore plus belle lorsqu’elle est partagée.
A 2, on a réussi à oublier nos souffrances respectives… Ce grand raid, c’est plus qu’une course, on l’aura bien compris toutes les 2 ;-) Je ne savais pas à quoi m’attendre en prenant le départ… et bien je suis ravie de l’aventure vécue.

Un grand merci à Phil, et à toute l’équipe de bénévoles Gaspar, pour le temps passé dans les préparatifs de nos assistances, pour le temps passé dans la tenue des différents postes d’assistance du parcours durant les 3 jours de course, merci pour vos sourires et votre gentillesse. Au passage, nous finissons 3ème équipe féminine sur ce grand raid… merci Andréa pour les points que tu nous as apportés en gagnant la course!
Bravo aux copains qui ont terminé leur défi, Damien, finisher de la diag pour la 2ème année consécutive en 34h30, Sandra qui en termine mieux que ce qu’elle avait prévu, Irina avec une belle 11ème place. Amandine qui gagne la mascareigne, Christelle 2ème sur le Bourbon 6 semaines après sa 2nde place sur l’UTMB, Sophie, 5ème, qui s’est perdue pendant plus d’une heure.
Des milliers de remerciements à mes amis, ma famille, mes collègues et tous ceux qui m’ont suivie de près ou de loin dans ma folie, sur l’UTMB et sur la Diag!
Un clin d’oeil au collège l’Estaque, qui mine de rien, m’a donné mon jour UTMB de pré-rentrée et 2 jours pour la Diag.
Spécial remerciement à mes plus grands fans, mes parents et mon chéri, qui ont été là pour moi, pour me conseiller, dans les moments de doute. Aujourd’hui, j’ai un sentiment d’accomplissement intense. Que d’émotions vécues sur ces 2 courses magiques. Les plus belles choses que nous accomplissons, nous ne les réalisons pas seul.
Et enfin, merci à l’équipe de kinés de Gardanne qui me soigne une à 2 fois par semaine… Stéphane qui me suit depuis plus de 2 ans, lors de mes premières douleurs de type tendinite du tendon d’Achille et aponévrosite plantaire. J’ai pu prendre le départ de ce grand raid, sereine, et arriver quasi sans douleur à réparer, si ce n’est mon tendon récalcitrant :-)
Ce qui m’a également permis, dès le sur-lendemain de vadrouiller sur toute l’île, de passer de l’état de fatigue générale à celle de fatigue générale profonde ;-) mais on n’a qu’une vie, il faut en profiter… qui a dit que les vacances étaient faites pour se reposer? Et puis maintenant que je maîtrise la micro-sieste, j’optimise encore plus mon temps lol
Le dimanche suivant, sur l’île de la Réunion, on change de registre avec une course quasi tout en montée, de 20km, entre routes goudronnées et champs de cannes à sucre, de quoi « se finir » et empocher une 5ème place :-)
Tout ça pour quoi, juste parce que « we love running »
Patrice, il me faut une nouvelle paire d’Adidas Terrex Traimaker! ;-)

Je terminerai ce long CR, par un immense remerciement à ceux qui m’ont accueillis chez eux sur l’île, tout d’abord Aude et Nico (avec leur petite fille Alicia, qui m’a prêté sa chambre), et ensuite Cristel, pour un séjour post-diag juste magique.
#galinettepower #reunionforever « 

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