Le CR de la Gali-Diagonale de la folle Perrine

La DIAG de GaliPépé :

« La Diagonale des Fous, la Diag, le Grand Raid de la Réunion, le GRR, la Run, vous l’appellerez comme vous voulez mais une chose est sûre, c’est que, pour moi, cette course est mon objectif ultime, mon Graal, ma course tant attendue, celle pour laquelle je me suis mise au trail et c’est l’heure de la revanche après mon abandon l’an dernier à Marla, dans le cirque de Mafate, suite à une luxation de rotule.

La Diag, 167kms et 9700 D+, le jeudi 20 octobre 2016.

Depuis mon échec en 2015, je n’ai qu’une envie : me préparer au mieux pour cette épreuve et aller me frotter aux sentiers réputés tant difficiles de la Réunion, comme les plus grands champions et surtout les plus « fous » de la discipline. Cette année 2016 se passe à merveille avec une montée en volume bien digérée et avec peu de pépins physiques grâce à mon entretien régulier de la « carcasse » chez nos galiKinés magiques de Gardanne.

Je surfe effectivement sur une vague de chance jusqu’au dernier gros entraînement en volume dans la Sainte Victoire à J-22 de la date fatidique.
Suite à ce volume, mon syndrome rotulien à gauche refait surface comme l’an dernier, m’empêchant de courir dans les descentes et même de descendre les escaliers de la maison le matin !! Punaise, c’est pas vrai, pas maintenant, pas pour cette course !!
Normalement, les soins consistent en 2 mois de muscu spécifique sur un Cybex mais on n’a plus le temps, la course est trop près et Steph,mon Kiné,comme Remi, mon Osteo, sont d’accord pour dire qu’il faut se mettre au repos total de course à pied et désenflammer au maximum la rotule en croisant les doigts pour que ça suffise pour le jour J !
Le médecin du sport, le Dr Garcia JF, me conseille, pour protéger la rotule, de réaliser une visco-supplémentation (mettre du gel dans l’articulation) juste avant de partir à J-8.
Et comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, je fais une réaction violente au gel en développant un

épanchement dans le genou avec une inflammation terrible tout autour ! Je ne peux plus plier la jambe, j’ai horriblement mal et je prends l’avion dans quelques heures ! Le sort s’acharne et j’ai l’impression d’attaquer une descente aux enfers.

A ce moment là, pour moi, je commence à tirer un trait sur le fait que je puisse prendre le départ de ma Diag. J’ai la gorge nouée, les larmes sont prêtes à jaillir n’importe quand et je ne cesse de me répéter que je fais un remake de l’an dernier!
 Nous prenons tout de même l’avion, avec Juju, sa maman Michelle et son compagnon Charles, comme prévu.
 L’atterrissage à Saint Denis, le vendredi 14 octobre, est un mélange de joie d’être à la Réunion, et de rage et de déception d’y arriver dans cet état.

Bon, Pépé, t’arrêtes de te plaindre, il reste 6 jours avant la course et un miracle peut toujours se produire !:-)

Le soir même, je suis invitée pour une émission radio à Réunion Première par Jérôme Désiré avec un créneau de 45minutes consacré au grand raid. C’est une première pour moi mais j’y vais décontractée. Sur place, on retrouve Freddy Thevenin, le grand favori réunionnais pour la course, Andrea Huser, la Suissesse, future vainqueur femme de ce GRR, Jean Maurice, le Team Manager Salomon Réunion et Robert Chicaud, le président de l’association du grand raid ! Ah rien que ça ! A ce moment-là, je me dis que faire les « Bouchasses » avec ma galiLaurie nous permet de nous retrouver avec le gratin et ça me fait sourire.

Mais revenons à ce satané genou. Miraculeusement, en 48h,il désenfle doucement, j’arrive à plier la jambe à presque 90°. Waouh, c’est Byzance !
Du coup, c’est décidé, demain, samedi, direction le volcan avec les potes pour une tentative de rando et de test rotulien.

Quelle chance, le temps est superbe et nous pouvons accéder jusqu’au cratère. Le décor lunaire me fait kiffer et mon genou en mode cool ne couine pas trop. J’ai le sourire qui revient !
 Évidemment, comme je vous le disais plus haut, les mauvaises

nouvelles sont comme les mauvaises herbes, ça vient en paquet !
Dimanche, une belle bronchite avec hyperthermie (qui couvait depuis quelques jours) me cloue au lit et ce jusqu’à la veille de course.

A ce moment précis, dans ma tête, la diagonale est finie pour moi. Je suis unijambiste et tuberculeuse! Appelez moi la « Pierre Richard » du Trail, comme dirait le galilooser, Thomas Thiebaud!
 Durant 3 jours, je comate, subissant ma fièvre et mes quintes de tuberculeuse. Je refuse bien évidemment tout traitement dopant. Je serai au départ si je sors de la phase d’hyperthermie sinon, j’y renoncerai.

Allez, balancez! Qui m’a jeté un sort?? hein Kamel? ;-)
La fièvre tombe un peu la veille du départ pour le retrait des dossards.
Rien que cette sortie matinale m’épuise et me cloue au lit l’aprem. Eh ben, c’est perfect à H-24!
Damien, en pleine forme nous rejoint le mardi tandis que mon tourbillon de double de galinette atterrit le mercredi pour courir le Bourbon 48h plus tard.
On y est, le jour J, le jeudi 20 octobre !
Je n’ai plus de fièvre, je tousse énormément et mon genou est encore légèrement enflé. Je positive et me dis que dans ces conditions, je prends le départ, amoindrie certes, mais je prends le départ!
A 20h, nous arrivons à Saint Pierre, ville de départ de la course. C’est blindé de monde! Des spectateurs, des coureurs, des familles… Toute la réunion vibre pour la Diag !
Nous entrons dans la zone de contrôle des sacs de course afin de valider que nous ayons tout le matériel obligatoire requis.
 J’attrape au vol Denis Boullé, le directeur de course, pour savoir si avec Julien, nous bénéficions d’un SAS Élite. Il confirme mais refuse de prendre Damien avec nous. La lose!
Alors, le sas élite, c’est aussi une première pour moi. Tu te retrouves au milieu des grands champions et championnes avec la télé, les journalistes, les

photographes! J’avais presque honte avec ma jambe en moins et ma nécrose pulmonaire ! Mais je suis et reste une galinette alors la honte, on ne connaît
pas !:-)

On nous place sur la ligne, la musique nous enflamme, je danse avec Andrea Huser, et Ludo Collet, The Voice, lance le décompte ! Goooooooooooooooooo. On s’élance dans les rues de Saint Pierre à toute allure, comme sur un 10kms. C’est l’euphorie, les spectateurs chantent, crient, les coureurs s’enflamment.
Mon Juju part sur les chapeaux de roue, il voudrait faire un beau chrono sur cette course. Je le laisse bien évidemment partir pendant que moi, j’ai le cardio qui monte anormalement vite. Enfin, sans surprise en fait.

J’essaie de me délecter de ces instants magiques d’ambiance réunionnaise en sachant que je ne vais pas faire long feu sur cette course. Mon mental est soumis à rude épreuve depuis 3 semaines et je dois encore m’endurcir pour faire face aux pépins certains des heures à venir.

D’ailleurs, on y est! Au 15eme km, à domaine Vidot, je sens ma rotule gauche « frotter » et me faire mal. Bon, pas de panique Pépé ! Je me dis que je me donne 50kms à partir de maintenant pour prendre une décision. Si la douleur reste supportable et pas complètement handicapante, je m’accroche, sinon j’abandonnerai .

J’arrive à ce ravitaillement du 15eme km dans les mêmes temps que l’an dernier mais bien plus amochée. J’hyperventile, mon cœur s’emballe et je tousse à n’en plus pouvoir.
Je continue ainsi jusqu’au 50eme km, à Maraboue où la Team Gaspar me ravitaille.
J’aborde ensuite Coteau Kerveguen, la boule au ventre, car c’est l’endroit où l’an dernier ma rotule s’est fait une sortie de trochlée non contrôlée et m’a contrainte à l’abandon 20kms plus tard.
Je souffre d’une autre manière cette année car dès que je

dépasse les 120 de fréquence cardiaque, je tousse pendant 5minutes en non stop, je crache, j’agonise, bref, je suis obligée de m’arrêter pour reprendre de l’oxygène et du coup, mes jambes ne suivent plus. Je rejoins à ce moment là Nathalie et Laurie Anne avec qui je fais un bout de chemin mais elles me lâchent dans la descente de Mare à Joseph car je tente de préserver dans ce chantier vertigineux le peu de genou qui me reste!

Je comprends doucement que je ne peux pas continuer comme ça sinon je vais y laisser ma peau ou tout du moins, je vais me faire un décollement de plèvre … Donc, 2 options :
1- ou j’abandonne car je ne me résous pas à boucler cette Diag avec un autre chrono que celui envisagé (37 heures)

2- ou finalement, le vrai but n’est-il pas juste de finir cette course avant de réaliser une performance de timing?
Je mûris cela en quelques minutes et la réponse est évidente : je veux être FINISHER avant tout alors go galinette go, je vais la boucler cette « putain » de diagonale mais en mode rando !

Je rallie donc Cilaos, apaisée, car je comprends enfin que je vais y arriver si j’arrête de me rentrer dedans.
Quel plaisir de retrouver notre Manager de la Team Gaspar, Philippe, qui nous attend pour le ravitaillement avec sa perruque verte, son tutu et son lézard en peluche d’1m50 de haut !

Je me pause enfin, je ne compte plus les minutes, je discute avec lui et les adorables bénévoles de la Team. Phil me passe Véro, sa femme, au téléphone. Elle, aussi, est douce, gentille et apaisante. Tout ça me fait le plus grand bien. Je dois rester 30 minutes environ avant de repartir pour la longue et chaude traversée de cascade bras rouge et la montée du terrible Taïbit qui annoncera enfin l’entrée dans le cirque magique de Mafate.

Je tousse toujours, j’ai les jambes en coton mais je souffre moins car le rythme est super cool.
Il fait beau et la vue majestueuse sur le cirque de Mafate me

coupe le souffle. J’aborde la descente vers Marla tranquillou mais je commence à trouver le temps long car avec mes problèmes respiratoires, je n’ai quasiment pas pu parler avec les autres coureurs depuis le début de la course. Vous imaginez? Une galinette muette? Un truc de fou, du jamais vu!

Ma gorge se serre à nouveau… Marla, l’endroit de mon abandon 2015… J’y suis enfin… J’aperçois Patrick et Hélène, les bénévoles Gaspar et je suis tellement concentrée pour les trouver que je ne m’aperçois pas que Juju est là, à côté d’eux.

Patrick me lance : « Coucou Perrine, on est contents de te voir et Julien est là, il t’attend ».
Moi : « ouais, ouais, c’est ça, elle est bonne ta blague! » … Quand, je vois effectivement mon chéri apparaître dans mon champ de vision. Je ne vous dis pas à quel point mon sourire remonte jusqu’aux oreilles. Je suis tellement heureuse de le retrouver même si je sais que cela signifie qu’il a explosé et qu’il doit lui aussi faire une croix sur une performance de chrono.

En fait, il voulait carrément abandonner, sortir du cirque et me faire les ravitaillements jusqu’à la fin. Mais je lui propose de continuer à deux, qu’on accomplisse à deux cet effort de Titan.
 Il sourit, m’embrasse et valide.

Marla passe ainsi dans nos têtes de l’endroit de l’abandon, à l’endroit du renouveau, du défi en couple et du dépassement de soi. On commence enfin ici NOTRE DIAGONALE !
On s’arrête donc manger des pâtes, saucisses, poulet comme un pique nique du dimanche dans la prairie de la famille Ingalls. On retrouve Nicolas Martin et son pote Fabien qui eux aussi sont partis trop vite et se sont résolus comme nous à aborder ce GRR plus humblement.

On traverse, tout en discutant, la plaine des Tamarins, on grimpe au col des bœufs, on rallie la plaine des merles puis le superbe Sentier scout en crête et en balcon. Les images du coucher de soleil resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Quelle beauté!

Et une série de montagnes russes nous attend ! Celles dont tu ne vois jamais la fin! J’ai les paupières qui commencent sérieusement à se fermer. En effet, nous attaquons la seconde nuit sans dormir et je propose à Juju que nous fassions une pause dodo assez rapidement sous peine de prendre des risques inutiles. Sauf que nous rallions îlet à bourse mais ici pas de lit, juste du ravito en eau. Allez, on se motive pour rejoindre le Check point suivant, Grand Place les Bas qui finalement est tout en haut ! C’est à en perdre la raison ce cirque de Mafate! Je vous passe évidemment les détails techniques des sentiers remplis de pierres, racines, marches en bois énormément hautes, poussière à provoquer des quintes de toux plus importantes chez une tuberculeuse comme moi ! Punaise, mais qu’est ce qu’on fout là ! Je pense beaucoup à toi Alexandra Blanc et à ton exploit de 2010 mais aussi à la phrase que tu avais sortie à Juu quand tu l’avais croisé sur la course : « ce sont des sadiques, ce sont des sadiques de nous faire subir ça! »

Tant bien que mal, nous arrivons épuisés à Grand Place et nous filons voir le responsable des lits de camps pour nous poser 2h. Petit hic, tous les lits sont pris et nous devrons attendre un peu. Heureusement que la tente n’était pas remplie de Thomas Thiebaud habitués aux 7h de sieste aux ravitos!
 Mon chéri étant extrêmement galant, il me laisse récupérer le premier lit de libre. Waouh la vache, l’odeur de pieds quand je rentre dans la tente me file des nausées!

Tant pis, faut se poser. Je retire mon t-shirt trempé et le remplace par un manches longues sec, veste goretex, gants, buff au niveau cou et tête et me glisse sous la couverture à l’odeur de migrant. Je mets des boules quiès et mon buff sur les yeux. Malgré tout ça, j’entends la musique du ravito dehors et les coureurs sous la tente qui passent des coups de fil. Impossible de dormir. Je resterais finalement 1h30 allongée sans fermer l’œil. Pas grave, mes jambes se seront quand même reposées.

Mon Juju, quant à lui, a eu la chance de s’assoupir 1h. Et hop, c’est reparti!
Je n’arrête pas de penser à tous nos amis, nos potes et à notre famille qui nous suivent via le live sur internet. On ne peut pas lâcher !

On repart encore pour une série de montagnes russes! Et tu montes et tu descends et c’est vertical à n’en plus pouvoir ! On traverse la rivière des galets et là, ce sont 2000D+ qui nous attendent pour atteindre le sommet du Maïdo qui signera la fin de Mafate.

Dans cette montée, Julien titube, je le motive : « allez choupi, ne lâche rien ». On fait un petit stop à Roche Plate où Steph de la Team Gaspar nous attend et nous met un coup au moral en nous disant que vu notre progression,nous n’arriverons pas avant la nuit prochaine à l’arrivée !

Ah non! Hors de question d’attaquer une 3eme nuit!
On file donc vers le Maïdo pour en finir avec Mafate. C’est hallucinant le nombre de coureurs qui dorment sur le bord des sentiers, en plein froid, sous leur couverture de survie. Je ne cesse de me dire qu’ils sont inconscients et qu’ils prennent des risques d’hypothermie majeurs. Bref, à chacun sa gestion …

Et qui nous retrouvons là haut, au Maïdo? Nos super potes Christelle et Nico de Briançon qui vont nous ravitailler et surtout nous réchauffer le cœur. Il est 3h30 du mat’, il fait un froid polaire et il reste encore 52kms à parcourir! Là, je me rends bien compte que cette diagonale, ce n’est pas du trail mais un raid. Nico réveille, en l’espace de 15minutes, 6 fois Julien qui manque de tomber de sa chaise à chaque tour.

On s’éternise un peu, il faut repartir car nous commençons à avoir sérieusement froid.
La descente à sans souci est très longue (environ 14kms et 1600D-) mais assez agréable à courir.

Le soleil se lève et avec lui, la fatigue s’envole et les idées deviennent plus claires. Juu me fait saliver en me parlant des

crêpes tant réputées du ravito de Sans Souci.
On retrouve la Team Gaspar avec notre inoxydable Phil et sa perruque verte qui nous attend. On papote, on récupère nos affaires et on file engloutir je ne sais combien de crêpes ! Rho comme elles sont bonnes !

Finalement, un GRR en mode rando, ça vaut vraiment le coup!
 On repart le ventre bien rempli en direction du chemin Ratineau. On traverse des champs de cannes à sucre via le sentier du bord. Là, c’est la partie « dégueu » du parcours avec des ordures un peu partout.

ça contraste sacrément avec la Grandeur de Mafate !
Bref, on ne va pas s’éterniser là dessus puisque cette portion n’a aucun intérêt. Dans la redescente, les premiers du Trail du Bourbon nous doublent.
Rho punaise, mais possible alors qu’Audrey et Laurie nous rejoignent !
Cette idée me fait sourire.
Le sentier vers Possession est un champ de mines avec des gros cailloux amoncelés partout. On retrouve dans cette partie, Nathalie, vous savez celle avec qui j’avais couru vers Coteau Kerveguen et qui s’était envolée dans le descente de mare à Joseph. Avec Nathalie, nous étions montées sur le podium de l’ultrarestonica cet été, elle sur la 3eme marche.
Elle commence à accuser le coup musculairement et marche difficilement mais elle finira.
L’école de Possession nous tend les bras ainsi que les bénévoles Gaspar, la maman de Juu, Charles et notre champion Damien !
Et oui, Damien a passé la ligne en 34h30. Quelle performance ! on est super fiers de lui et il a à peine les traits tirés.
On bavarde tranquillou, on mange, on s’asperge car ça commence à cogner sévère.
On sait qu’il ne nous reste plus beaucoup chemin à parcourir et que la Redoute n’est plus très loin mais on ne se déconcentre

pas et hop, direction le fameux chemin des anglais.
Il fait une chaleur écrasante. On étouffe. Il est environ midi.

Dans les montées, nous gardons une allure convenable et sur les portions à peu près plates mais parsemées de pierres jetées n’importe comment, nous courons pour gagner le plus de temps possible. On veut rentrer au bercail au plus tôt.

ça suffit de faire l’école buissonnière, on rêve d’une douche et d’un lit !

On rallie grande chaloupe en moins d’1H30.
Ravito express, et le temps d’une interview auprès d’un journaliste qui adore le concept du défi de couple sur cette diagonale ( nous aurons une page consacrée le lendemain sur le quotidien de la réunion ;-) ), et nous repartons super motivés pour la dernière ascension de ce périple !
J’ai du mal à y croire : « la dernière ascension » !!
En chemin, Daniel s’accroche à notre train pour ne pas s’endormir et nous nous motivons tous les 3 pour finir sans traîner.
Musculairement, je n’ai aucune douleur, mais je commence à avoir très très mal aux releveurs du pied gauche.
Je serre les dents à chaque pas et quand Juu et Daniel relancent en courant, je les suis mais j’ai des décharges électriques à chaque pose de pied.
On la voit très bien, au loin, la grosse boule blanche de la station météo de Colorado. A ce stade, j’ai l’impression que nous ne l’atteindrons jamais !
C’est interminable !
Enfin le ravito ! Nous ne restons que 5 minutes et hop, la dernière descente en direction du stade de la redoute, le stade de la délivrance, le stade de la victoire! Cette portion est juste horrible.
Des racines, des pierres, de la poussière à gogo, de la verticalité…
On est les rois du monde tous les 3, Juu, Daniel et moi.
On sait qu’on va y arriver.

On sait qu’on va décrocher cette médaille tant convoitée.
On sait que tous nos suiveurs sur le live et notre famille seront fiers de nous.
On sait qu’on aura dépasser nos limites.
On sait que la douleur est éphémère et que la fierté est éternelle.
On pose un pied sur le goudron… nos jambes s’affolent et courent à une vitesse démesurée parce que nous nous rapprochons de notre but… on rentre dans le stade de la redoute, on est acclamés par des tas de spectateurs.
On est de vrais gladiateurs.
C’est la dernière ligne droite.. plus que quelques mètres et nous franchissons, main dans la main, avec Julien, cette Finish Line, en 42h07 !
On s’embrasse. Une bénévole nous positionne cette fameuse médaille autour du cou. On a survécu, on est des FOUS !

Nous avons vécu une expérience de couple unique. Et surtout, nous avons bien saisi que cette diagonale doit s’apprivoiser avant de se dompter.
Il faut être très humble face à cette épreuve ( qui pour moi, relève plus du raid que du trail). Il faut y arriver très prêt mais surtout en pleine possession de tous ses moyens pour pouvoir l’aborder sereinement.

Elle est dure et ne pardonne rien.

Un seul regret : ne pas avoir eu d’hallucination ! je m’y étais bien préparée et ça m’aurait fait marrer de voir des bergers allemands partout ou des monstres dans les feuilles des arbustes. Faudra, la prochaine fois, que je pense à moins m’hydrater alors !;-)

Un immense Bravo à Damien qui a su la dompter dès la première participation.

Un infini merci à la Team Gaspar !
Une éternelle reconnaissance à nos Kinés d’amour.
 Merci à Rémi Raous et à JF Garcia.

Christelle et Nico, vous avez été fabuleux.
Michelle et Charles, on vous aime.
Jérôme et Ludo, vous nous avez fait vibrer.
Merci aux réunionnais pour leur accueil et leur joie de vivre.
 Une mention spéciale à nos suiveurs acharnés du live : Galilooser, Hervé, Magg, Sophie, Carole, mon frère, ma belle soeur et mes neveux/nièce, Jess et tous les autres bien sûr.

Bravissimo à Daniel, Hugues, Damien et Eric.
Big Hup à ma galinette, 5ème femme du Bourbon et à Audrey 2ème femme. Cerise sur le gâteau : nous décrochons, avec Juliette, Fanny et Annie un podium en tant que 2ème équipe filles de la diag (team Gaspar Miltis Solae).

Et une pensée à ceux qui n’ont pas pu finir que ce soit la Diag ou le Bourbon.

En conclusion, avec Julien, nous avons raté nos courses respectives mais nous avons réussi NOTRE DIAGONALE et nous en sommes fiers ! « 

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