UTMB… pour un premier abandon de Laurie :-( le CR et la galividéo

La galividéo est ici : https://www.youtube.com/watch?v=WXVFAx3uNcA

L’UTMB, ce n’était pas pour cette année… Laurie rentre de Chamonix avec 75km au compteur seulement, sur les 170 visés. Victime de violents mots de ventre et nausées dès le 40ème kilomètre, la galinette a lutté toute la nuit pour continuer à avancer, mais le verdict est sans appel, il faudra revenir l’année prochaine. Le récit de son UTMB, qui avait pourtant bien commencé avec des sensations plutôt sympas… mais tout un tas de péripéties, qui nous fait dire : ce n’était tout simplement pas le jour de la galinette.

« Allez hop, un petit CR en guise de thérapie… et ça repart  ;-)
UTMB, la course que j’attendais… et que je devrai attendre encore un peu… un premier abandon, pas facile à digérer… digérer, le mot est de circonstance il me semble, diminuée progressivement mais surement à partir du 40ème kilomètre, trahie par mes intestins, mon corps rejetant toute forme d’alimentation… alors que la course « n’avais pas encore vraiment commencé », dur dur à accepter. Courmayeur, km 75, il est 9h12, je rends mon dossard… Retour sur cette nuit du 26 au 27 août.

En place sous l’arche de départ, parmi l’élite internationale du trail, je ne sais pas exactement ce que je fais dans ce sas, mais j’y suis et je compte bien en profiter. L’UTMB, mon objectif de cette année, je suis zen, je suis prête, et surtout super contente d’être là… je ne vois pas vraiment ce qui pourrait m’empêcher d’aller au bout. Surtout que cette année, mon galinours me fait l’assistance, c’est juste incroyable! Je sais que nous allons faire une belle équipe, même s’il ne connait encore rien au trail. Avec un événement tel que l’UTMB pour une entrée en piste, c’est osé, mais nous misons tout, comme d’hab, sur le talent mdr… Et puis, formé par une galinette, il ne peut qu’assurer  ;-)

Top départ pour les 170km/10000D+ de ce parcours. Un départ plus que prudent, je suis partie pour un long échauffement de 75km, la course ne commence pas avant Courmayeur. J’ai pour objectif d’arriver là bas au petit matin, toute fraiche pour attaquer la vraie course. Ma galinette, quant à elle, est en mode assistance de son Juu, un duo redoutable. L’ambiance est géantissime
jusqu’à la sortie de la ville waouh!! Arrivée à Saint-Gervais (km 21), on se croirait sur une étape du tour de France, je suis en pleine forme, sur un bon rythme qui ne me fait pas forcer, je recharge en eau et repère mon galinours à la sortie de la ville pour un coucou exprès avant de le retrouver pour le 1er point d’assistance aux Contamines. Trop plaisir de le voir là, il a l’air au taquet.
Malheureusement, le premier petit problème technique survient… impossible de boire, ma boisson ne remonte pas à l’intérieur du tuyaux… 1er arrêt qui me casse le rythme. Je repars, ça ne fonctionne toujours pas… 2ème arrêt… c’est bon j’ai compris le problème, un truc improbable, le tuyaux ne s’enclenche pas correctement dans la poche. Bon ok, si je parviens, avec une main dans le dos, par dessus le tissus du sac, à relier le tuyaux à la poche quand j’ai besoin de boire, j’arrive à m’hydrater et je peux me rendre sans dégât au point d’eau suivant… on va faire comme cela pendant 10km, le temps de changer de poche à eau aux Contamines. J’appelle mon galinours Kamel, pour lui donner les consignes, nickel! Problème qui va se gérer, on passe donc au suivant  ;-)  je suis toujours sereine, il en faut bien plus pour démonter une galinette. Ah oui il faut savoir qu’un de mes bâtons m’avait lâchée le matin même lors de la vérification de mon matos… j’ai pris le départ avec ma paire de bâtons de remplacement, prévue en cas de casse (merci galifather). Bref retour à la course, je suis en pleine forme, mais je gère toujours « mon échauffement », je déboule dans l’aire d’assistance des Contamines… pas de galinours, non mais je rêve!! Je cherche une bonne minute… Pas grave, je ne me démonte pas, je me dirige vers la sortie pour aller me ravitailler dans la zone hors assistance… quand, soudain, je vois Kamel qui crie et bouscule tout le monde. Le mec ne voulait pas le laisser entrer car j’étais prévue 15min plus tard. Ah bravo Monsieur!! Bon on s’en fiche, on n’est pas à une minute près, le principal est de s’être trouvés. Kamel gère la recharge du sac (on dirait qu’il a fait ça toute sa vie), moi je m’alimente et me change, je repars assez rapidement. A la sortie du ravito, je tombe sur ma galinette avec Emilie Lecomte et les enfants de Julien avec mon Vuvuzzela, que c’est bon de les voir. Je me fais taquiner sur la randonnée que je suis entrain de réaliser mais je m’en fiche, c’est justement le but du moment  ;-)  et dire que sans forcer, je remonte déjà des places!!  :-)  Malheureusement je sens petit à petit des douleurs au ventre qui se révèlent, avec en prime des nausées. Je peine à m’alimenter mais je me force car sinon je sais que ce n’est pas la peine d’espérer arriver jusqu’à Chamonix. On doit être au 40ème kilomètre environ, à l’issue de cette montée, une longue descente sur le ravito des Chapieux va se profiler. J’ai toujours très mal au ventre, et le pompon, ma frontale est entrain de me lâcher doucement mais surement aussi… super!! Bon là c’est sûr, il y a un truc que je n’ai as pigé sur le réglage de ma Nao… Pas grave, j’ai une deuxième frontale, plus petite mais valide (avec une recharge supplémentaire). Je fais ma descente avec le faible faisceau lumineux de ma Nao, que je compte bien vider intégralement avant de changer de lampe. Je n’y vois quasi rien mais j’ai connu pire l’année dernière à la TDS, donc une fois de plus, je suis sereine… finalement tant mieux si cela me force à ralentir, au moins je préserve mes jambes… Voir toujours le bon côté des choses, tirer avantage de toute situation  ;-)
Sortie du Rav des Chapieux, je trouve enfin un coin buisson… et ouf ça va mieux, je retrouve par la même occasion de l’énergie. Je suis soulagée, si cela se reproduit, je sais qu’un arrêt buisson me permet de repartir, cela ne m’empêchera pas d’aller au bout de mon UTMB… mais il faut avouer que le sort s’acharne un peu sur moi là quand même… Sans forcer, je reprends un peu de mon retard, quand à nouveau crampes intestinales et nausées, comme si j’avais une gastro!! Et là, même les arrêts buissons, ni même les descentes en mode mamie, éclairée par le tout petit faisceau lumineux de ma 2ème frontale n’y feront quelque chose… tout ce que je mange, mon corps le rejette, je me vide doucement de toute mon énergie et ça commence à devenir compliqué cette histoire… Je me traine lamentablement jusqu’à l’arrête du Mont Favre, le soleil se lève, c’est juste sublimissime mais je suis réaliste sur le fait que dans cet état, ça va être compliqué. Je mise tout sur le fait de retrouver Kamel à Courmayeur, me retaper pour pouvoir repartir, malgré les places que je perds depuis quasi 10 kilomètres. Je sais que si ce problème rentre dans l’ordre, je peux revenir, car hormis cela, je suis en forme. Hélas, la descente me rappelle que quand que le corps dit stop, il faut simplement l’écouter. J’appelle Kamel pour lui expliquer ce qu’il en est, mon père pour lui dire que je ne suis pas blessée, je sais que tout le monde sait qu’il y a un problème, ma galinette la première (on se connait par coeur)… vu le temps qui défile et que je ne pointe toujours pas. Dans ma tête, j’ai abandonné, s’en suit un festival de dépassement de coureurs, les filles derrière ont mis énormément de temps pour revenir sur moi, j’hallucine, mais désormais ça défile. Normal, 4km de descente… en 1h15 pour moi, j’ai battu tous les records. J’ai l’impression d’être en dehors de mon corps, de vivre cette scène de l’extérieur, comment est-ce possible? Devant moi, je ne sais pas exactement qui il y a, les élites certes, mais aussi pas mal de filles sur lesquelles je pouvais largement revenir, c’était le but d’un départ tranquille… quelle déception! Je suis encore plus déçue pour Kamel, qui est à fond dans son rôle, qui s’est prêté au jeu de l’assistance d’une façon déconcertante! Déçue pour ceux qui me suivent, des amis qui n’ont rien à voir avec le trail, c’est énorme ce soutien!! Juste MERCI. De toute façons, c’était LA seule bonne décision. Je suis peut-être fofolle, mais pas inconsciente, je ne vois pas comment j’aurais pu être finisher cette année… et pourtant j’étais plus que prête, comme quoi! De toutes façons, ce que j’ai vécu pendant plus de 35km ne correspond pas à la définition que je me fais du trail : le plaisir avant tout, la souffrance oui, parce qu’elle fait partie du sport, parce que c’est elle qui nous permet de nous dépasser… mais dans le cas présent, cette souffrance-ci n’avait aucun lien avec celle que je décris, avec cet abandon, je reste en accord avec nos gali-valeurs  ;-)  ce n’était juste pas mon année!

Le plus frustrant : avoir du abandonner, avant même d’avoir commencer… Parce que stopper au bout de 75km tranquillou ou ne pas prendre le départ, c’est un peu la même chose finalement. Frustrant car je n’ai pas eu la chance de pouvoir me confronter à la difficulté de cet UTMB, qui m’aurait peut-être mis hors course à un moment donné, mais pour une raison valable. Celle qui m’a stoppée ici à Courmayeur, je ne la comprends pas vraiment. Donc on va repenser à tout cela, prendre un peu de recul… mais une chose est sûre, avec Kamel nous n’avons pas dit notre dernier mot… rdv donc sur la ligne d’arrivée, quand le moment sera venu pour nous!! Je retiens ce moment de partage extra à travers notre premier UTMB, enfin quart d’UTMB… Et puis le reste je l’ai déjà fait lors de la CCC alors bon…  ;-)

Le mot de la fin pour féliciter les coureurs finishers de cette édition 2016, avec des conditions difficiles mêlant forte chaleur et orages, et plus précisément Julien qui a fait un super chrono ainsi que Thierry qui termine cette ultra boucle. Mais que seraient nos finishers sans les proches qui les assistent et les aident à aller au bout d’eux même. Bravo donc à Perrine, Tanguy et Hugo, une sacrée équipe auprès de Julien, à Philippe qui a suivi Thierry, et bien évidemment à Kamel. Merci à toutes les personnes qui font de ce week-end UTMB, un grand moment de trail. Merci à nos partenaires via le Team Endurance Shop 13. Enfin mille merci à tous ceux qui m’ont soutenue, suivie et pris de mes nouvelles, à tous ceux qui ont partagé, contribué, de près ou de loin, à cette aventure… qui n’est pas encore terminée  ;-)  »

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