Ultra Trail di Corsica 110km : Victoire de Perrine !! Son CR

« Ultra Di Corsica, 110 kms et 7500 D+, mon premier objectif majeur de l’année.
A l’approche de cette course, tous les voyants sont au vert : la forme est là, pas de blessure (enfin, les petits bobos sont réglés grâce au cabinet gali perfection de Gardanne), l’envie de courir est à son comble et surtout, j’ai parié avec le galilooser, Thomas Thiebaud, que je le ruinerai sur cet ultra alors j’ai envie d’en découdre comme jamais.
La seule question : bâtons ou pas bâtons pour cette course? Allez, je la ferai sans.
Nous sommes 4 de la Team endurance Shop à nous engager : Patrice, Damien, Mathieu et moi.
Le départ est donné jeudi 7 juillet à 23h30. Nos amis du Marseille Trail Club, Lulu, JP, Josette et Pfx sont là pour nous encourager ainsi que mon galiJuju et son fils Hugo. Merci infiniment! Quel bonheur et quelle douceur avant d’entrer dans « l’arène ».
Quelques minutes avant le départ, je me rends compte que je ne retrouve pas mon mode « course trail » sur ma Garmin avec tous les paramètres associés qui me permettent de gérer ma course (vitesse ascensionnelle, cardio, chrono, etc…). Petit moment de stress. Je clique sur tous les boutons mais rien n’y fait. Heureusement, Mathieu, voyant mon désarroi, prend les choses en main et 5min avant le départ, trouve la situation et règle mon problème. Un immense merci !
Le speaker fait monter la pression, la musique de départ est lancée ainsi que le décompte : 5, 4, 3, 2, 1….. Partez !!
Nous sommes 155 (il me semble) à nous élancer dans les rues de Corte pour rapidement nous retrouver dans le maquis Corse.
La première montée à l’arche fait 6kms et 1400 D+. Pas question de se brûler les ailes. Gestion est le maître mot! J’ai prévu 26h de course pour boucler ces 110kms donc la route est longue.
Je me cale à 140-145 de FC et je monte tel un métronome dans cette forêt de châtaigniers.
J’arrive en 1h30 au premier ravito des bergeries de Padule. Que c’est bon d’entendre l’accent corse des bénévoles! « U ! C’est la première féminine ! Bravo, U! ».
Nous sommes un petit groupe de 5 coureurs et nous attaquons cette première descente tout en souplesse. On est heureux d’être là, on papote, on rigole. Mais au bout de 10min, je me rends compte que nous ne voyons plus les rubalises. J’ interpelle les gars : « oh les gars, vous voyez des rubalises? » … « Non! » … Punaise, on s’est trompés ! Je lève la tête et là, horreur, j’aperçois la lumière des frontales des coureurs sur une arête de la colline à notre droite. Rho non, les boulets, on a pris à gauche au lieu de prendre à droite après le ravito !
Je propose qu’on rebrousse chemin ( ce qui nous ferait perdre au total 20minutes environ) quand un des gars nous dit : »on coupe à travers le maquis, on verra! ».
Faire ça est hyper risqué parce qu’on peut se retrouver face à une falaise ou que le maquis devienne impénétrable ce qui nous ferait perdre plus d’une demie heure.
Bon, ils s’élancent tous les 4 donc je les suis. Tant pis, perdus pour perdus, autant qu’on soit ensemble!
Par chance, nous retrouvons le peloton, certes en ayant perdu des places, mais finalement pas tant que ça.
J’apprends après le second ravito que je suis donc passée seconde féminine. C’était à prévoir!
J’adore courir la nuit. La température est idéale, le ciel étoilé, magnifique, et toujours cette sensation d’être le roi du monde.
Je m’éclate. Les sentiers techniques sont agréables pour ce début de course.
Tiens, au loin, j’aperçois une jupette bleue, celle de Nelly, qui est passée en tête après mon erreur de parcours. Je la rejoins et reste sagement derrière elle pendant 20minutes. On échange quelques mots. Son mari court avec elle.
En attaquant la descente vers calacuccia, ravitaillement du 33eme km, je les double et fais mon chemin. J’aperçois en contrebas le lac de Calacuccia dans lequel la lune se reflète. La nuit est vraiment magique.
Ça y est, le ravito est là avec mon Juju, Hugo et Aude. Je recharge en boisson, barres et soupe de pâtes, et sans m’attarder, je repars quand Mathieu de la Team m’interpelle pour que nous continuions ensemble.
« Mathieu, mais que fais tu là? »… (Pour info, Mathieu a un niveau nettement supérieur au mien).
Il me répond : »je ne sais pas. J’ai l’impression de ne pas avancer depuis le début de la course alors je compte sur toi pour mener le train »
Allez, ok, j’accepte la mission !
Sur ce, nous apercevons Patrice qui redescend vers le ravito et abandonne. Rho non ! Il avait pourtant fait un bon début de course ! Bon, ça n’est que partie remise, Patrice.
Deuxième difficulté du jour, l’ascension à Bocca Crucetta (Monte Cinto) qui totalise 1700 D+.
On papote, avec Mathieu, et encore une fois, on s’élance sur un mauvais Sentier mais grâce au sifflement de Christophe, un coureur, nous rebroussons chemin. Merci Chri!
Et, juste après, nous récupérons Jean Philippe. Trop bon ! On est une bonne équipe de 4 pour affronter cette montée et c’est une chance énorme.
A plusieurs, on partage des sourires, des mots, des coups de mou. On est soudés et c’est une force pour avancer.
Le lever de soleil rend ce cirque sublime. Cette Corse est un univers bien minéral et rude mais tellement beau!
On attaque la dernière portion de cette ascension qui est un amoncellement de pierres à la verticale. On monte à 1km/h car dès qu’on pose le pied au sol, on fait quasi autant de distance en arrière. Les pierres dévalent et on essaie de ne pas se mettre les uns derrière les autres pour ne pas recevoir les cailloux qui roulent. On est obligés de monter quasi à quatre pattes pour avoir plus de stabilité. Et bien, ça donne le ton de cet ultra : dur et exigeant.
Enfin le sommet déchiqueté est là! Je bascule sous les encouragements des randonneurs et des bénévoles : « c’est la 1ère féminine! Bravo! »
La descente qui suit n’est pas mieux. Niveau vitesse de progression, on doit tourner à 3kms/h tellement c’est pentu et technique. Christophe s’envole et nous restons à 3, Mathieu, Jean Phi et moi.
Ravito de Ballone, Mathieu accuse le coup et nous laisse partir Jean Phi et moi.
Montée à Bocca Foggiale, environ 650 D+. Jean Phi lâche un peu le rythme et je me retrouve seule. Je dépasse Gilles et talonne Seb.
A Ciottulu di i mori, je prends le temps de bien m’asperger la tête et de taquiner les bénévoles en leur disant que leur île est un peu trop roulante à mon goût et que l’herbe verte sous les pieds me gêne. J’aimerais que ce soit un poil plus technique, avec de vrais cailloux.
Forcément, ils rigolent et intérieurement, ils doivent penser que je manque de lucidité.
La portion suivante mène à Vergio, le ravitaillement du 60eme km. C’est une portion courable, mais dans laquelle il ne faut pas trop laisser d’énergie. Et moi, j’en ai laissé.
Mon Juju et Hugo m’attendent à Vergio.
Je leur dis que je vais bien pour le moment mais au fond de moi, je sais que j’ai pris un coup dans l’aile.
Une piste forestière de plusieurs kms nous mènera au pied de San Petru et je me force à trottiner. Je perds beaucoup d’énergie dans cette portion encore et j’ai quelques étoiles dans le champ de vision qui commencent à apparaître. S’en suivent 5 bonnes heures de galère à lutter contre moi-même, à me forcer à relancer, à essayer de maintenir un rythme correct dans les montées. Mais rien n’y fait, je suis une épave !
Heureusement, alors que le fond du seau mental pointe le bout de son nez, j’aperçois Josette qui m’attend avec son appareil photo, son sourire et ses paroles réconfortantes à San Petru ! Que c’est bon !
Avec le recul, j’ai honte. Je n’ai pas arrêté de me plaindre en disant que je n’en pouvais plus, que j’étais nulle, etc… Pardon Josette.
Nous rejoignons ensemble le lac de Ninu où le reste de la troupe MTC nous attend : JP, Lulu et Pfx.
Je continue les lamentations quand ils me disent en coeur : « oooohhh, t’es 1ère femme et 15eme scratch, tu ne peux pas lâcher! »
En effet, je me rends compte à ce moment là que je suis débile et surtout capricieuse.
Allez, haut les cœurs, faut serrer les dents et finir cet ultra. Il faut que ma galinette soit fière de moi comme je l’ai été pour elle au 80 du Mont Blanc !
Le médecin du ravito de Ninu me demande si tout est ok, si je suis lucide. Je les taquine et rigole façon galinette. Le voilà donc rassuré et je peux donc poursuivre mon bonhomme de chemin.
Je passe les bergeries de Vaccaghja et le refuge de Manganu pour attaquer la terrible ascension à la brèche. Je monte à 2kms/h maxi. Je me sens tellement pitoyable.
Mais rapidement, je me dis que j’avance aussi vite que Seb qui est devant moi et que personne ne me rattrape donc on est bon.
Sans cesse, je me demande où est passée Nelly. Va t elle revenir sur moi?
Julien n’a pas été capable de me dire, depuis le début, les écarts entre filles donc je navigue à l’aveugle.
Enfin la brèche ! Et cette vue somptueuse sur les lacs de Melu et Capitellu en contrebas. Être là vaut tout l’or du monde !
Ouais, enfin, c’est beau mais ma douche et mon lit le sont aussi alors, bouge toi les fesses galinette, maintenant, il faut rentrer.
Ravito de Bocca Soglia puis une trace à la verticale en descente, hors Sentier, pour rallier les bergeries de Grotelle . J’ai du mal à suivre le balisage, je me retrouve sur les bords d’une rivière sans savoir comment la passer, bref, les organisateurs ont tout fait pour nous faire craquer.
Mais, vous ne m’aurez pas !:-)
Juju et Hugo m’acclament ainsi que les randonneurs et bénévoles à Grotelle ! Allez, ravito express et go direction plateau d’Alzu, dernière ascension de 800 D+.
Je rejoins Loic et son pote.
Loic me taquine en me traitant de randonneuse de marche nordique. Sauf que moi, je n’ai pas de bâtons et franchement, je ne les regrette pas.
Les lacets de cette montée se passent sans trop de casse avant d’apercevoir la rubalise, droit dans le pentu sur la gauche, sans sentier pré établi au milieu des rochers et du maquis.
Là, je commence vraiment à penser que c’est du sadisme à l’état pur et ça me fait sourire.
La chaleur du ravito d’Alzu me fait du bien. Je regarde un coureur sous perfusion pendant que j’engloutis ma soupe de pâtes. En effet, la chaleur a dû faire bien des dégâts et je me demande où en est mon galilooser, Thomas.
Loic repart avec moi et me propose de mener le train. Je le préviens, je ne suis plus capable de courir correctement et risque de le perdre. En effet, c’est chose faite en moins de 5min et je continue avec Sebastien, tranquillou, à notre rythme.
En première portion de descente, j’entends quelques lacets au dessus : « ah enfin te voilà! »
Trop bon, c’est Mathieu de ma Team Endurance Shop, que j’avais perdu à Ballone . Quelle remontée Mathieu, t’es un champion !!
Il me propose de le suivre mais comme avec Loic, je lui dis que je n’ai plus la force d’envoyer du gros et je finis à mon rythme.
Cette dernière descente est interminable et me mine le moral.
Avec Sebastien, nous trouvons notre rythme de fin d’ultra mais telle une paranoïaque, je pense que Nelly n’est pas loin et que si je me relâche trop, je vais perdre cette première place.
Au loin devant, nous apercevons une frontale qui ne bouge pas. C’est Loic. Il nous attend pour que nous finissions ensemble. Quelle générosité !
Je lui fais part de mon stress quant au retour de la 2nde féminine et quelques minutes plus tard, nous voyons la lueur d’une frontale arriver derrière nous, au loin.
Mon cur bat à 200 à l’heure … Et si c’était elle??
Je dis à Loic : « go Loic, on envoie, je ne veux pas perdre ma place ».
La dernière demie heure se fera donc à un rythme plus que soutenu, comme si nous étions des voleurs poursuivis par des gendarmes.
La citadelle de Corte scintille, ça y est, c’est bientôt la délivrance.
Nous posons enfin les pieds sur le goudron de la ville. Nous accélérons. J’avale les escaliers pavés en descente comme si je n’avais pas couru ces 110kms. Mon cur bat tellement fort, je vais gagner cet Ultra de Corse si exigeant!
On arrive sur le cours Paoli, rue principale de Corte, dans laquelle tous les bars et restaurants sont bondés et les gens nous acclament comme sur le Tour de France! La musique de winner résonne et le speaker m’annonce.
J’attrape la main de Loic et lève les bras en hurlant !
Punaise, i did it ! Je gagne cet Ultra Restonica en 22h51, 1ère femme et 17ème scratch !
Je me dis que ça arrive une fois dans une vie et c’est aujourd’hui !
Bravo à Fabrice pour sa victoire, à Manu pour sa 6eme place, à Damien pour sa persévérance qui lui fait décrocher une 11eme place scratch, à Mathieu pour sa remontée pour finir 15eme, à mes compagnons de course Christophe, Sebastien et Loic, bravo à Nicolas, à mon galilooser Thomas qui est finisher en ayant dormi 7h à Grotelle (je te mets donc 14h dans la vue! Allez, promets-moi que t’arrêtes de parier avec moi maintenant!:-))
Jean Phi, Denis et Patrice, vous aurez votre revanche, j’en suis certaine.
Merci aux corses pour leur accueil inégalable et leur tracé, bien qu’un peu sadique  :-)
Merci à Josette, JP, Lulu et Pfx.
Merci à ma galinette de m’accompagner par la pensée et donc de me permettre de me surpasser.
Merci surtout à mon Juju et à Hugo pour leurs ravitos de luxe et leur soutien.
Et Bravo à tous les finisher ! Nous avons été 106 à franchir la ligne d’arrivée sur 155, soit 2 sur 3. »

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